10 idées pour les 10 prochaines années
10 Ideas for the Next 10 Years :
http://www.time.com/time/specials/packages/0,28757,1971133,00.html
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Un article décapant sur la souffrance au travail par Aubry Pierens : la croissance vivante ?
France Télécom est un groupe à la pointe de la société technologique sur laquelle beaucoup d’investisseurs, d’entrepreneurs et de politiques comptent pour susciter croissance, emplois et profits. Il présente les fondamentaux des entreprises gagnantes du XXIe siècle : développer une omniprésence dans l’espace et dans le temps, préférer la maîtrise des flux à la fabrication des stocks, créer des accoutumances à des produits et services censés décupler les capacités – par nature limitées – de l’être humain. Or, ce sont bien ces fondamentaux-là qui semblent rendre invivable, sournoisement, aujourd’hui la vie chez France Télécom, et demain la vie ailleurs ; tout cela avec la complicité paresseuse des consommateurs et citoyens irresponsables que nous sommes devenus. [...]
L’omniprésence est incontournable, monstre dévorant qui oblige à une disponibilité, une réactivité de tous les instants. Elle est devenue un type de relations qui irradie par contagion tous les compartiments de nos vies, tous nos choix politiques et sociaux aussi. Malheur aux esprits locaux et lents, aux joies dominicales, au repos de la nuit, aux non-performants 24 heures sur 24, aux déconnectés ou aux fracturés du numérique ! L’omniprésence est le creuset majeur dans lequel se concoctent toutes les innovations. Puisque la technologie le peut, l’homme le peut. Se connecter directement sur son cerveau devient la prochaine étape. Et si sa chair et son coeur sont résistants, il y aura bien une Apple App, un Facebook ou un Meetic pour vaincre par le charme ou l’illusion des préventions bien dépassées…
Devenir le maître des flux et établir son péage, voilà le modèle roi ; vieux comme le monde, mais néanmoins astucieusement intégré par tous les constructeurs de réseaux réels ou virtuels, les moteurs de recherche, les distributeurs d’énergie ou d’information et les médias. Érigée en modèle de croissance, la formule est séduisante, car accélératrice des énormes investissements à réaliser et apparemment favorable à l’accès et l’équité de traitement de l’usager. Mais Moloch inassouvi, elle exige des concentrations à taille inhumaine,des régulations garantissant des amortissements dans la durée, des compromis environnementaux,des modèles économiques où la croissance de la dépendance et de l’Arpu (Average Revenue Per User) – et non de l’utilité du service rendu – devient le seul contributeur à la profitabilité de l’activité. C’est un système qui minore les dégâts collatéraux que provoquent le gigantisme et la concentration des organisations supports, le juridisme excessif des transactions, la peur panique de la baisse des flux, la paranoïa du grand bug ou la tyrannie de “la machine”qui permet de gérer en temps réel la masse des informations, des fluides, des gaz, des objets ou des personnes transitant dans les réseaux. L’organisation de l’opérateur est sommée de se modeler à cette nouvelle donne et l’utilisateur lui-même d’en accepter contraintes et coûts, comme le révèle souvent douloureusement la jungle des tarifs.
Car il n’est pas question pour l’homme de ces iècle de rater le grand train du progrès technologique. C’est même devenu une priorité politique : connecter chaque personne, chaque arpent du territoire à la “matrice”dans laquelle mitonne la formule de la croissance de demain. Très haut débit pour tout le monde, TGV et autoroute tous azimuts, groupes de travail virtuels, organigrammes assistés par ordinateur, accès en ligne illimité à tout ce qui a été écrit, enregistré ou filmé : “Circulez, il n’y a plus que cela à voir.” L’homme décuplé sera technologique ou rien; détaché des contingences matérielles par la grâce de la numérisation, communicant jusqu’à l’autisme électronique, transparent jusqu’à l’inexistence, mobile jusqu’à la mort. Mais la chair, le coeur, et parfois l’esprit sont résistants qui luttent pour préserver l’intimité conjugale, l’unité familiale, la beauté du travail à accomplir, la dignité de la personne. Quitte à se retrouver plus petit, plus humble, plus simple. Plus vrai, plus libre, plus vivant aussi.
Pour ne pas se sentir prisonnier d’un “meilleur des mondes” auquel les plus fragiles d’entre nous ne se sentaient plus le courage de contribuer, pourquoi ne pas prendre le temps d’imaginer dans chacune de nos entreprises un modèle de croissance où machines, processus et organisations resteront à leur vraie place: le service de l’homme.
Aubry Pierens est fondateur et associé de We-Consulting, professeur au MIP (Management Institute of Paris)
Source : Valeurs Actuelles
Très intéressant de voir la différence d’approche entre les méthodes US et Européennes pour le financement public de l’innovation…
« Un rapport publié en septembre par le National Economic Council (NEC) dénonce le manque d’investissement de la précédente administration américaine en matière de recherche et d’innovation et trace les grandes lignes d’ »une stratégie pour l’innovation américaine : vers une croissance durable et des emplois de qualité.
Le plan américain insiste sur la nécessité de développer des infrastructures et un environnement propice à l’innovation, mais il ferme résolument la porte à tout ce qui pourrait s’apparenter à une politique industrielle. « Les gouvernements qui essaient de sélectionner des gagnants finissent trop souvent par gaspiller les ressources et par étouffer plutôt que de stimuler l’innovation. (…) A cause de l’influence néfaste des lobbies et chasseurs de rentes qui favorisent les industries du passé plutôt que celles de l’avenir », précise le rapport américain.(…) »
Source : Le Monde.fr
Je suis très frappé par le nombre de consommateurs qui arbitrent, optimisent ou sont distants : je pense que le rapport aux marques va changer en profondeur dans les années qui viennent.
Par ailleurs, l’étude Totem Insight (TNS Sofres) a permis de construire une typologie basée sur les comportements de consommation en période de crise. 5 groupes de consommateurs se dégagent en fonction de leur implication dans la consommation et de leur vécu de la crise actuelle :
Les « impliqués », qui se sentent concernés et impliqués dans leur consommation (33%)
Les « arbitreurs », qui mettent en place des stratégies de protection face à la crise, et arbitrent par une consommation centrée sur l’essentiel (18%)
Les « optimiseurs », qui subissent le plus fortement la crise et qui sont les plus sensibles aux discours sur les prix (19%), dans une logique d’optimisation des ressources
Les « essentialistes » qui se caractérisent par leur distanciation vis-à-vis de la consommation en générale et donc ne ressentent pas d’impact particulier sur leur consommation (13%)
Les « battants », qui sont les moins touchés par la crise et qui ont tendance à se considérer à l’abri de ces conséquences et à chercher à en sortir gagnants (17%)
viaCrise et consommation : l’ère d’un nouveau consommateur ?.
Un livre remarquable signalé par le blog de Formadi, que j’ai beaucoup apprécié. Les tendances de fond sur les 20 prochaines années pour travailler, consommer, voyager, vivre…
A noter les 6 paradigmes dévelopés par l’auteur :
Note de l’éditeur
De quoi aurons-nous envie en 2010, comment voyagerons-nous en 2020, avec quoi nous habillerons-nous en 2030 ? Comment nous soignerons-nous, travaillerons-nous, aimerons-nous ? Quels citoyens, quels parents serons-nous ? Qui seront nos dieux ? Quels seront nos mythes ? Où en seront nos loisirs ? Manger deviendra-t-il un acte de rébellion, rire une affirmation politique et dormir une activité scientifique ?
L’avenir, avec son flot de paradoxes et de surprises, nous guette. Prévoir le probable ? Insuffisant ! Le XXIe sera baroque et déroutant. Voici un livre qui se risque dans la jungle des possibles. Il étudie les nouveaux « paradigmes », il scrute au-delà des tendances immédiates, il cerne les nouveaux rituels. Contes et légendes, ragots et rumeurs, faits et méfaits, promesses et espoirs, désirs et fantasmes du monde de demain sont au bout de cette exploration.
Aventurier de l’éventuel, adepte de la « pensée buissonnière », Christian Gatard a écouté citoyens et consommateurs, interrogé observateurs et acteurs socioculturels. Son essai prospectif, documenté et ludique, présente d’étonnants scénarios de vie.
Nos 20 prochaines années – C. Gatard – L’Archipel
An interview with MIT’s Andrew McAfee
In recent years, using technology to change the way people work has often meant painful disruption, as CIOs rolled enterprise software programs through the ranks of reluctant staffers. Today, employees are more likely to bring in new technologies on their own—and to do so enthusiastically—through their Web browser, whether it’s starting a blog, setting up a wiki to share knowledge, or collaborating on documents hosted online. Andrew McAfee, principal research scientist at the Center for Digital Business at the MIT Sloan School of Management, has been watching this shift closely.
His new book, Enterprise 2.0: New Collaborative Tools for your Organization’s Toughest Challenges, explores the ways that leading organizations are bringing Web 2.0 tools inside. McAfee calls these tools “emergent social software platforms”—highly visible environments with tools that evolve as people use them—and he is optimistic about their potential to improve the way we work.
Source: Business Technology Office, McKinsey.com
ReadWriteWeb a récemment publié une sorte de guide (utile) des tendances du web aujourd’hui. Frank Pisani détaille « les 5 tendances qui comptent sur le web :
Ce qui est très impressionnant pour les entreprises, c’est la déstructuration des repères traditionnels : rapport à l’information, rapport au temps, rapport aux autres, rapport aux objets… Il nous semble qu’un énorme travail reste devant nous pour accepter et intégrer ces changements majeurs !
Source : http://pisani.blog.lemonde.fr/

“Innovation is one of the least well-managed areas in most companies,” says David Midgley, a marketing professor at INSEAD and author of The Innovation Manual. “This leads to wasted resources and costly mistakes. It’s not the effort that companies put into innovation that decides success. Instead it is how firms go about doing innovation that separates leaders from the rest.” (…)
To illustrate this idea, Midgley uses the example of the Apple iPod. (…) But, he says, that success is not because the iPod is an innovative product as there are many similar devices. The real point behind the iPod is the service that allows the customer to easily download music and the business model that allows both Apple and the music industry to make money from those downloads.
“Apple negotiated a business model with the music industry that allowed everybody to get what they want — the music industry to get their royalties, Apple to sell downloads and the iPod itself, and the customer to be able to select the songs they want rather than putting up with the compilations the industry offered because of its previous business model,” Midgley says. “These are Apple’s real innovations – the rest is just good electronics.”(…)
For Midgley, there are three categories of challenge – the customer, technology, and business model. (…)
Source : http://knowledge.insead.edu
For more on the Innovation Manual, go to: www.theinnovationmanual.com

Frank Pisani nous donne un éclairage intéressant sur le changement de Business Modèle de la presse :
Le Media Technology Summit organisé par l’école de journalisme de l’Université de Californie-Berkeley. (…) Côté business, si tout le monde est d’accord pour dire que le modèle traditionnel est “cassé”, personne n’a encore trouvé la martingale qui permettra de financer le journalisme du XXIème siècle. (…) Quelques insights très intéressants :La publicité sur le web continue à croître mais elle est répartie en tant de supports que son impact pour chacun d’entre eux a peu de chance d’être suffisant.
Marshall Van Alstyne de Boston University a bordé sur la notion de “Freemium” (une partie gratis pour une partie premium payante) en expliquant bien qu’il faut “donner ce qu’on ne peut pas posséder” – les faits – et amener les utilisateurs “aux choses que l’on peut posséder”: la façon de les mettre en valeur. Exemple: il est impossible de faire payer les informations sur le résultat des élections américaines, mais le New York Times pourrait faire payer ses cartes interactives . (…)
Moins d’un an après que Barack Obama ait démontré qu’on peut réunir des sommes colossales sur le web à partir de modestes contributions, tout le monde pense à solliciter les utilisateurs. C’est possible comme le montre la radio NPR, mais Ellen Weiss, qui en est vice-présidente, rappelle qu’il faut “5 ans pour transformer un utilisateur en membre payant”. Très lent.
Donc, on va voir apparaitre des innovations majeures dans ce domanie pour sortir de ce cycle infernal. Malheureusement pour nos confrères journalistes, je crains que Google News en soit une, car le volume de connexion va permettre de faire venir la publicité. Une autre innovation – on le voit en Italie - est le multisupport, avec une multiplication de supports pratiques et décalés, qui correspondent à des vrais besoins du consommateur. Back to basics ?
Source : Transnets – Blog LeMonde.fr

Beaucoup de discussions sur la toile sur l’intérêt de Twitter ou pas. Francis Pisani tape du point sur la table :
« Petite colère contre ceux qui dénigrent Twitter (à tort) : pour une fois elle n’est pas de moi mais de Danah Boyd. Elle s’en prend à l’info que vous avez tous vue selon laquelle 40% des tweets sont du bavardage sans intérêt (du bruit disent les gens qui savent) et moins de 4% des news, de l’actu, de l’info. [...] Le principal intérêt de Twitter est sa fonction sociale, celle qui permet de savoir ce que font, sentent et pensent les gens qui nous important, de maintenir ce qu’elle appelle la “conscience (awareness) sociale périphérique”.
3 commentaires:
* Journalistes et médias peuvent aussi s’en servir pour assurer la couverture de certains évènements en presque temps réel, quelque chose qui n’était possible avant que par l’intermédiaire des professionnels de la radio et de la télévision.
* Danah Boyd a raison de souligner que la dimension sociale est plus importante que celle qui consiste à informer. C’est comme pour les blogs, dit-elle… encore à juste titre. »
* 4% de news sur un tel trafic cela peut-être énorme, utile et intéressant. Surtout si cela vient de partout dans le monde et, ne serait-ce qu’en partie, de témoins directs.
Encore une fois, si une innovation est utilisée sur le web, c’est parce que les utilisateurs la trouvent utile et qu’elle correspond à un besoin – ici de savoir ce que les autres sont en train de faire.
On voit bien chez les jeunes qu’une bonne partie des sms servaient ce but : « T ou? » ; « tu fé koi? ». Donc, il est logique que Twitter capte cette fonction.
On perd beaucoup de temps à vouloir en faire un outil d’information, même si Twitter est devenu un média de fait…
Source : Transnet

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